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Mémorandum et Charte de la société civile pour une prise en charge coordonnée et de qualité des femmes et des filles victimes-survivantes de violences

12 mars 2019

A l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, Beity et l’UNFPA Tunisie ont organisé une rencontre de dialogue autour de l’amélioration de la prise en charge des filles et femmes victimes de violence (FFVV), activité appuyée dans le cadre du Programme Conjoint pour l’amélioration des services de prise en charge des FFVV soutenu financièrement par l’Agence espagnole pour la Coopération internationale au développement (AECID) depuis l’année 2017.

Conformément aux priorités nationales, l’UNFPA appuie l’état tunisien et en particulier le Ministère de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Seniors (MFFES) ainsi que la société civile depuis plus de dix ans dans la lutte contre les violences faites aux femmes à travers la mise en place et l’opérationnalisation de la stratégie nationale notamment par le renforcement du cadre juridique tunisien et l’appui à des services appropriés et diversifiés de prise en charge.

Dans le cadre de son partenariat avec le MFFES et l’Union Européenne, l’UNFPA appuie depuis 2016 le service de la ligne verte pour les femmes victimes de violences, le 1899, ainsi que 7 centres associatifs à Tunis et dans les régions qui offrent une prise en charge multisectorielle et intégrée allant de l’écoute à l’autonomisation socio-économique en passant par l’hébergement dont le centre Sidi Ali Azzouz de l’Association Beity. Cet appui vise le renforcement du fonctionnement des centres, de la qualité de leurs services mais aussi de la coordination avec les acteurs gouvernementaux locaux.

Durant ces deux dernières années, un réel progrès a été fait notamment en matière de prise en charge des FFVV selon des standards internationaux. Des modules de formation destinés aux professionnels de la prise en charge en particulier dans les secteurs de la santé et des affaires sociales ont été développés.

Plus de 500 professionnels de la santé, 127 travailleurs sociaux, 36 acteurs de scènes de crime, 46 acteurs de la société civile ont bénéficié d’au moins une formation sur la prise en charge des violences faites aux femmes. Toutes ces formations ont été développées conformément aux procédures opérationnelles standards qui ont été développées à l’échelle globale par des agences du système des nations unies dont l’UNFPA et le cadre légal tunisien pour la lutte contre les violences faites aux femmes.

La rencontre du 07 Mars 2019, a été l’occasion de présenter et discuter une nouvelle étape en termes de réalisations dans le cadre de l’amélioration de la prise en charge des FFVV, à savoir la Charte des associations et le Mémorandum. La charte et le Memorandum des Associations pour une Prise en Charge de Qualité et Coordonnée des FVV, initiés par l’association BEITY, sont le fruit d’un travail de réflexion collective entre des associations de la société civile, des organisations non gouvernementales et des institutions internationales partenaires. Ces deux documents de référence menées dans le cadre du Programme Conjoint ont permis de constater, après deux ans d’expérience, les aspects permettant d’améliorer la prise en charge en termes de coordination entre le secteur associatif et les organisations gouvernementales.

Le Mémorandum vise à :

  • Exposer le point de vue de la société civile sur les prérequis d’une prise en charge multisectorielle de qualité et coordonnée.
  • Alerter les décideurs des défaillances du dispositif de prise en charge des femmes victimes de violences
  • Préconiser des solutions.

Parmi les solutions préconisées et soutenue par l’audience lors de la rencontre du 07 Mars, figure la nécessité de la mise en place d’un fonds national de soutien aux FFVV, de discrimination et d’exclusion.

La charte a permis de définir les valeurs de la prise en charge des femmes victimes de violences et/ou en situation de vulnérabilité par la société civile, conformément aux standards internationaux pour le respect de la sécurité, des droits humains des femmes et de leur dignité sans discrimination aucune.